<?xml version="1.0" encoding="UTF-8"?><rss version="2.0"
	xmlns:content="http://purl.org/rss/1.0/modules/content/"
	xmlns:wfw="http://wellformedweb.org/CommentAPI/"
	xmlns:dc="http://purl.org/dc/elements/1.1/"
	xmlns:atom="http://www.w3.org/2005/Atom"
	xmlns:sy="http://purl.org/rss/1.0/modules/syndication/"
	xmlns:slash="http://purl.org/rss/1.0/modules/slash/"
	>

<channel>
	<title>Société de Stratégie &#187; Chine</title>
	<atom:link href="http://www.societestrategie.fr/category/chine/feed/" rel="self" type="application/rss+xml" />
	<link>http://www.societestrategie.fr</link>
	<description>« Un réseau et une démarche pour comprendre le monde »</description>
	<lastBuildDate>Wed, 21 Jan 2026 10:56:09 +0000</lastBuildDate>
	<language>fr-FR</language>
		<sy:updatePeriod>hourly</sy:updatePeriod>
		<sy:updateFrequency>1</sy:updateFrequency>
	<generator>https://wordpress.org/?v=4.0.38</generator>
	<item>
		<title>SINOCLE – 13 décembre 2024 – Le grand dépeuplement</title>
		<link>http://www.societestrategie.fr/sinocle-13-decembre-2024-le-grand-depeuplement/</link>
		<comments>http://www.societestrategie.fr/sinocle-13-decembre-2024-le-grand-depeuplement/#comments</comments>
		<pubDate>Sun, 12 Jan 2025 16:27:18 +0000</pubDate>
		<dc:creator><![CDATA[vincent]]></dc:creator>
				<category><![CDATA[Actualités]]></category>
		<category><![CDATA[Chine]]></category>

		<guid isPermaLink="false">http://www.societestrategie.fr/?p=6655</guid>
		<description><![CDATA[Deux tiers de la population mondiale vivent dans un pays où le taux de fécondité est inférieur à 2,1. L’indice national de fécondité est aujourd&#8217;hui en Chine de 1,09, largement en-dessous du seuil de renouvellement qui impose un taux de 2,1 pour maintenir un niveau démographique stable. Il était de 5,7 en 1970 et de [&#8230;]]]></description>
				<content:encoded><![CDATA[<p style="text-align: justify;">Deux tiers de la population mondiale vivent dans un pays où le taux de fécondité est inférieur à 2,1. L’indice national de fécondité est aujourd&rsquo;hui en Chine de 1,09, largement en-dessous du seuil de renouvellement qui impose un taux de 2,1 pour maintenir un niveau démographique stable. Il était de 5,7 en 1970 et de 2,8 dix ans plus tard. Aujourd’hui il est donc inférieur de 0,6 à l’indice français de fécondité qui lui-même est à 6 points de moins que les champions mondiaux du titre de la fécondité la plus féconde, soit selon la Banque Mondiale le Niger avec 7,2, talonné par la Somalie, le Mali, le Congo et le Tchad. La Bombe P, p pour population qui, selon le best-seller du biologiste démographe américain Paul Ehrlich, devait être la seule bombe fatale pour l’humanité n&rsquo;explosera pas.</p>
<p><span id="more-6655"></span></p>
<p style="text-align: justify;">Avec 700 millions de Chinois en surpoids ou obèses contre 208 millions d’Américains, la bombe O semble désormais bien plus dangereuse que la bombe P. Selon <em>The Lancet</em> notre monde compte déjà un peu plus d’un milliard d&rsquo;obèses dont 504 millions de femmes et 160 millions d&rsquo;enfants. L’humanité finira peut-être par s’éteindre avec le dernier couple d&rsquo;obèses qui ne pourra plus avoir d&rsquo;enfants.</p>
<p style="text-align: justify;">Les projections démographiques les plus alarmistes estiment probable, si le compteur de la fécondité reste bloqué sur ce rythme régressif, que la population chinoise tourne entre 600 et 700 millions en 2100, soit à peine trois fois la population actuelle du Nigéria. D’ici là la Chine aura donc largement perdu son dividende démographique et tous les effets bénéfiques sociaux et économiques qui en découlaient. Même si les couples sont autorisés depuis 2021 à avoir trois enfants, on croise souvent dans la capitale comme dans les villes provinciales, ainsi que le rapporte Harold Thibault dans <em>Le Monde</em> du 6 décembre, des murs bardés de slogans natalistes du genre « Les frères et sœurs sont le plus beau cadeau que les parents puissent faire à l’enfant ».</p>
<p style="text-align: justify;">Dans <em>So Long, My Son</em> de Wang Xiaoshuai, une responsable du planning familial force sa sœur à avorter, suite à une délation, sans imaginer que l’avortement de l&rsquo;enfant illicite entraînera la stérilité de la jeune femme, dont le fils restant, comble du malheur, se noiera accidentellement dans le lac près de l&rsquo;usine du couple d’ouvriers. Nous sommes alors dans la Chine des années 80 en pleine politique de l&rsquo;enfant unique. Li Haiyan, la sœur zélée et avorteuse du film, aurait aujourd&rsquo;hui complètement retourné sa veste. Elle aurait certainement dans sa ligne de mire les femmes de plus de 30 ans qui refusent de sacrifier leurs vies à leur progéniture. Et qui accélèrent ainsi le grand dépeuplement national. Là où de nombreux pays européens fantasment sur le grand remplacement, la Chine redoute le grand dépeuplement.</p>
<p style="text-align: justify;">Le planning familial chinois qui a longtemps veillé sur le ventre des femmes pour qu&rsquo;ils ne portent pas plus d’une seule charge autorisée, veille aujourd’hui sur le ventre des femmes pour qu&rsquo;ils multiplient le nombre de leurs charges. Le deuxième enfant est devenu légal en 2016 et le troisième est aujourd’hui fortement encouragé, valorisé et subventionné. En fonction du niveau de vie des provinces les subventions pour le petit deuxième peuvent aller de 900 à 2600 euros et de 1700 à 3900 euros pour le grand troisième. Chaque ventre de femme est ainsi plus que jamais une affaire d’Etat. « L’argent est une richesse morte, les enfants sont une richesse vivante », dit le proverbe chinois. Sagesse que les femmes chinoises ne veulent plus entendre ?</p>
<p style="text-align: justify;"><em> (Reproduit avec l’aimable autorisation de Zhao Chenggen) </em></p>
]]></content:encoded>
			<wfw:commentRss>http://www.societestrategie.fr/sinocle-13-decembre-2024-le-grand-depeuplement/feed/</wfw:commentRss>
		<slash:comments>0</slash:comments>
		</item>
		<item>
		<title>Chine et Arctique</title>
		<link>http://www.societestrategie.fr/chine-et-arctique/</link>
		<comments>http://www.societestrategie.fr/chine-et-arctique/#comments</comments>
		<pubDate>Sun, 12 Jan 2025 16:19:03 +0000</pubDate>
		<dc:creator><![CDATA[vincent]]></dc:creator>
				<category><![CDATA[Actualités]]></category>
		<category><![CDATA[Chine]]></category>

		<guid isPermaLink="false">http://www.societestrategie.fr/?p=6651</guid>
		<description><![CDATA[Par Thierry Garcin Personne ne conteste la suprématie russe sur le bassin arctique : la Russie enroule l’océan glacial (la banquise n’est qu’une capsule de mer gelée) sur 160° de longitude, soit presque la moitié de la Terre à ces hautes latitudes. Ses explorateurs (tous moyens de transport confondus) ont défriché durant des siècles cet espace [&#8230;]]]></description>
				<content:encoded><![CDATA[<p style="text-align: justify;"><em>Par Thierry Garcin</em></p>
<p style="text-align: justify;">Personne ne conteste la suprématie russe sur le bassin arctique : la Russie enroule l’océan glacial (la banquise n’est qu’une capsule de mer gelée) sur 160° de longitude, soit presque la moitié de la Terre à ces hautes latitudes. Ses explorateurs (tous moyens de transport confondus) ont défriché durant des siècles cet espace hostile à l’homme, pour des raisons commerciales (fourrures, pêche…), mais aussi scientifiques et techniques. Les Russes ont la géographie pour eux, mais aussi l’histoire (l’Alaska était russe jusqu’en 1867), les populations autochtones (maltraitées), les moyens (surtout militaires), le savoir-faire et une présence permanente.</p>
<p><span id="more-6651"></span></p>
<p style="text-align: justify;">Ce n’est pas le cas de la Chine qui, comme l’Inde et la France, a prioritairement investi dans l’Antarctique, vaste continent qui culmine à près de 5 000 mètres. Elle y entretient aujourd’hui, avec une grande compétence, trois bases permanentes et deux estivales. L’évolution des mondes glacés lui est d’une grande importance : l’Himalaya subit lui aussi le réchauffement de la planète. De plus, elle a acquis une réputation scientifique internationale, surtout depuis les années 1980 : ses centres de recherches sont nombreux, actifs, complémentaires et réputés. Le grand froid et le froid extrême lui sont choses connues.</p>
<p style="text-align: justify;">La Chine a donc toutes les qualités pour se considérer également comme un pays « <em>near Arctic</em> », alors que le point le plus septentrional du pays se situe à la latitude de… Newcastle (Royaume-Uni). En 2018, elle a publié un texte fondateur audacieux, « <em>China’s Arctic Policy</em> » : elle mondialise les enjeux arctiques sans vergogne (routes maritimes, pêche…) &#8211; souvent au nom de la commode sauvegarde du climat -, célèbre les droits des peuples autochtones (on aimerait la voir aussi attachée aux populations du Tibet et du Xinjiang) et a même tracé une « route de la soie » boréale qui relierait l’océan Pacifique à l’océan Atlantique via le détroit de Béring et le passage du Nord russe (long de quelque 10 000 km). Elle avait ratifié en 1925 le traité de Paris sur le Spitzberg, y entretient une petite station scientifique, est depuis 2013 observateur permanent du Conseil arctique et y mène de régulières expéditions terrestres et maritimes. Elle affiche ses convoitises sur l’Islande et le Groenland danois (ports, minerais…), y multiplie les visites de haut rang, sait appâter (coopération, facilités bancaires, importation éventuelle de main-d’œuvre), diversifie les partenariats économiques, et bien sûr importe des matières premières de Sibérie par la voie terrestre (via le gazoduc Force de Sibérie) mais aussi maritime (méthaniers…), étant même associée à de grands sites d’extraction sibériens (Arctic LNG 2). Ambitieuse, elle veut être partout ; mais, prudente et pragmatique, elle sait reculer en bon ordre<a name="post_6651_1a"></a><sup><a href="#post_6651_1b">1</a></sup>. Surtout, elle sait planifier, forte de la continuité politique de son régime : le temps long lui est habituel.</p>
<p style="text-align: justify;">Évidemment, Pékin pâtit comme les autres capitales impliquées en Arctique de la guerre d’Ukraine (dont elle se serait bien passée…), encore que les grands contrats avec Moscou lui soient antérieurs et que le président Poutine ait annoncé son « pivot vers l’Asie » dès 2013, ait célébré avec la Chine un Partenariat eurasiatique, ait proposé d’agencer dès 2017 le passage maritime du Nord russe avec la route de la soie arctique chinoise. Mais, circonspecte, la Chine s’est abstenue d’effectuer des transits est-ouest, de crainte de subir des sanctions occidentales. De toute façon, la Russie est devenue l’obligée de Pékin. Un chiffre l’illustre à l’envi : la Chine représente 32 % du commerce extérieur russe, la Russie représente… 4 % du commerce extérieur chinois (2023).</p>
<p style="text-align: justify;">Toutefois, cette entente à front renversés peut durer et, au titre du « Sud global », la Chine y trouver un appui pour promouvoir des organisations régionales (économiques et bancaires) et l’établissement de normes dérogeant au système ONU (Fonds monétaire international, Banque mondiale, etc.)<a name="post_6651_2a"></a><sup><a href="#post_6651_2b">2</a></sup>. Enfin, sur le plan militaire, Pékin a toute raison d’être irritée par une « atlantisation » de l’Arctique, pour l’instant repoussée par Washington (et d’autant plus sous second mandat de Donald Trump). Bref, si les États-Unis cultivent une vision mondiale de leurs intérêts en Arctique (a fortiori quand la banquise estivale aura disparu quelques mois de l’année), la Chine s’emploie à agencer l’Arctique avec ses autres zones prioritaires. Sans y être une puissance, elle y exerce déjà une influence certaine. Mais elle-même ne sait pas si sa patience sera pleinement récompensée. En un mot, elle prend des gages sur l’avenir et le fait avec talent et détermination.</p>
<p style="text-align: justify;"><em>(Résumé par l’auteur d’un texte publié en septembre 2024 sur le site geopoweb)</em></p>
<p style="text-align: justify; font-size: 80%;"><a name="post_6651_1b"></a><sup><a href="#post_6651_1a">1</a></sup> Lire du même auteur <em><a href="https://www.geopoweb.fr/?LA-CHINE-ET-L-ARCTIQUE-Thierry-GARCIN" target="_blank">La Chine et l’Arctique</a></em>, Géopoweb, 7 septembre 2024.<br />
<a name="post_6651_2b"></a><sup><a href="#post_6651_2a">2</a></sup> Lire du même auteur « <em><a href="https://shs.cairn.info/revue-analyses-de-population-et-avenir-2024-5?lang=fr" target="_blank">Sud global, BRICS+ : des notions vraiment géopolitiques ?</a></em> »,  <em>Les Analyses de Population &amp; Avenir</em>, 2024, n° 52.</p>
]]></content:encoded>
			<wfw:commentRss>http://www.societestrategie.fr/chine-et-arctique/feed/</wfw:commentRss>
		<slash:comments>0</slash:comments>
		</item>
		<item>
		<title>SINOCLE – 30 mai 2024 – Le grand basculement </title>
		<link>http://www.societestrategie.fr/sinocle-30-mai-2024-le-grand-basculement/</link>
		<comments>http://www.societestrategie.fr/sinocle-30-mai-2024-le-grand-basculement/#comments</comments>
		<pubDate>Fri, 14 Jun 2024 20:36:05 +0000</pubDate>
		<dc:creator><![CDATA[vincent]]></dc:creator>
				<category><![CDATA[Actualités]]></category>
		<category><![CDATA[Chine]]></category>

		<guid isPermaLink="false">http://www.societestrategie.fr/?p=6642</guid>
		<description><![CDATA[Si Hongkong n&#8217;est plus la grande plaque tournante asiatique des capitaux qu’elle était, l’endroit reste un poste d&#8217;observation unique pour comprendre l’interdépendance du monde indo-pacifique et de l’Occident. Et si un bon intellectuel est celui qui anticipe ou, à défaut, modélise les changements de cadre conceptuel de l’histoire à l&#8217;origine des révolutions ou des grands [&#8230;]]]></description>
				<content:encoded><![CDATA[<p style="text-align: justify;">Si Hongkong n&rsquo;est plus la grande plaque tournante asiatique des capitaux qu’elle était, l’endroit reste un poste d&rsquo;observation unique pour comprendre l’interdépendance du monde indo-pacifique et de l’Occident. Et si un bon intellectuel est celui qui anticipe ou, à défaut, modélise les changements de cadre conceptuel de l’histoire à l&rsquo;origine des révolutions ou des grands basculements du monde, alors David Baverez est un bon intellectuel<a name="post_6642_1a"></a><sup><a href="#post_6642_1b">1</a></sup>.</p>
<p style="text-align: justify;">Depuis 1945 nous vivions dans une économie de paix, nous sommes contraints de nous adapter aujourd’hui à une économie de guerre. Et ce n’est pas uniquement la faute de Poutine. Adam Smith, Rousseau et Keynes furent les grands inspirateurs de la première. Mad Max, Hobbes et Marx sont des boussoles conceptuelles plus utiles pour s&rsquo;orienter dans la deuxième. Mad Max parce qu’il a anticipé que la vraie lutte à mort serait la lutte non pour la reconnaissance sociale mais pour les ressources et l&rsquo;énergie et que la prédation deviendrait le régime économique le mieux partagé du monde. Hobbes pour avoir compris contre Rousseau que le peuple pouvait préférer la sécurité à la liberté. Marx et son réalisme tragique pour avoir prophétisé que les hommes faisaient l&rsquo;histoire sans savoir pour autant l&rsquo;histoire qu&rsquo;ils faisaient. Ainsi entrons-nous dans l’âge du chaos dont l’économie de guerre est à la fois le messager et le moteur.</p>
<p><span id="more-6642"></span></p>
<p style="text-align: justify;">Dans la mythologie grecque, Chaos est une divinité primordiale, père de la Nuit et des Ténèbres qui enfante le Ciel et la Terre, dieu né de personne si ce n’est de lui-même, qui ne ressemble en rien à une personne, naissance qui précède le monde et qui préexiste à toute la généalogie des dieux et des hommes. Contrairement aux dieux et aux hommes dont l&rsquo;obsession commune est de structurer le monde, d’ordonner son cours par une régulation rationnelle aussi imparfaite que persévérante, Chaos laisse être les choses sans principe et sans finalité. La raison des dieux, parfois complice, parfois contraire à celle des hommes, mais toujours active, n&rsquo;abdique jamais, pas plus que la raison des hommes. Le Chaos est, au contraire, l’âge où raison divine et raison humaine sont débranchées, rendues inopérantes. Cela ne produit pourtant ni la catastrophe ni l’apocalypse. Juste un autre régime du monde, un monde où tous les mythes de la mondialisation heureuse volent en éclats.</p>
<p style="text-align: justify;">Le commerce et la consommation étaient les deux leviers de l’économie de paix, la production et la technologie sont désormais les deux leviers de l’économie de guerre. Le vieux mantra <em>data is the new oil</em> est en train de s&rsquo;inverser en <em>oil is the next big data</em>. La production sans usine est morte et avec elle le grand mythe du <em>fabless</em> : le mot d&rsquo;ordre est à la relocalisation, à la souveraineté industrielle et à la sécurisation des chaînes d’approvisionnement.</p>
<p style="text-align: justify;">Le transnationalisme, noyau dur de la mondialisation heureuse, est mort : les frontières sont brutalement revenues et avec elles la lutte à mort pour la défense ou l’expansion des territoires, justifiées par des faux récits, souvent révisionnistes, pensés pour recréer l’unité imaginaire et fantasmatique de peuples déchirés par l’explosion des inégalités sociales et économiques.</p>
<p style="text-align: justify;">La gouvernance mondiale est morte : les rapports de force entre les puissances se font et se défont dans un processus transactionnel limité à un petit nombre de protagonistes qui ne croient plus ni à la pérennité des alliances ni à l’universalité des principes juridiques ou philosophiques. La guerre n’est plus la poursuite de la politique par d&rsquo;autres moyens, mais le moyen pour la classe politique de confisquer le pouvoir et d’accumuler des richesses.</p>
<p style="text-align: justify;">La culture de l&rsquo;innovation, au lieu d’innerver équitablement l’ensemble des chaînes industrielles et de stimuler la diversité des marchés, se concentre sur des secteurs stratégiques où la guerre pour le leadership mondial fait rage : la robotique, la blockchain, l’intelligence artificielle, le stockage de l’énergie et le séquençage de l’ADN.</p>
<p style="text-align: justify;">Pour dramatiser encore le basculement du monde, David Baverez s’amuse même à détourner l’acronyme ESG, sésame de toute entreprise vertueuse et graal du management contemporain : Environnement s’efface ainsi devant Energie, Sociétal devant Sécurité et Gouvernance devant Guerre.</p>
<p style="text-align: justify;">L&rsquo;exergue du livre est de Paul Valéry : « La meilleure façon de réaliser ses rêves est de se réveiller ». On comprend pourquoi.</p>
<p style="text-align: justify; font-size: 80%;"><a name="post_6642_1b"></a><sup><a href="#post_6642_1a">1</a></sup> David Baverez, <em>Bienvenue en économie de guerre</em>, Novice, 2024.</p>
]]></content:encoded>
			<wfw:commentRss>http://www.societestrategie.fr/sinocle-30-mai-2024-le-grand-basculement/feed/</wfw:commentRss>
		<slash:comments>0</slash:comments>
		</item>
		<item>
		<title>Le statut de Taïwan remis en question ?</title>
		<link>http://www.societestrategie.fr/le-statut-de-taiwan-remis-en-question/</link>
		<comments>http://www.societestrategie.fr/le-statut-de-taiwan-remis-en-question/#comments</comments>
		<pubDate>Fri, 18 Aug 2023 13:51:33 +0000</pubDate>
		<dc:creator><![CDATA[vincent]]></dc:creator>
				<category><![CDATA[Actualités]]></category>
		<category><![CDATA[Chine]]></category>

		<guid isPermaLink="false">http://www.societestrategie.fr/?p=6625</guid>
		<description><![CDATA[par Alex Wang1 Le 25 octobre, 1971, par le vote de la résolution 2758, l’ONU attribuait à la République Populaire de Chine le siège de la représentation officielle de la Chine, auparavant occupé par la République de Chine. Un projet de loi américain (Taiwan International Solidarity Act) en fait une relecture orientée qui risquerait d’aggraver [&#8230;]]]></description>
				<content:encoded><![CDATA[<p style="font-size: 90%; text-align: justify;"><strong>par Alex Wang</strong><a name="post_6625_1a"></a><sup><a href="#post_6625_1b">1</a></sup></p>
<p style="text-align: justify;"><em>Le 25 octobre, 1971, par le vote de la résolution 2758, l’ONU attribuait à la République Populaire de Chine le siège de la représentation officielle de la Chine, auparavant occupé par la République de Chine. Un projet de loi américain (Taiwan International Solidarity Act) en fait une relecture orientée qui risquerait d’aggraver la situation régionale déjà tendue.</em></p>
<p><span id="more-6625"></span></p>
<p style="text-align: center;"><strong> *</strong></p>
<p style="text-align: justify;">Le 25 octobre 1971, l’Assemblée générale de l’ONU adoptait à une écrasante majorité (76 voix pour, 35 contre, et 17 abstentions) la résolution 2758, attribuant le siège de la représentation légitime de la Chine à la République Populaire de Chine (RPC), siège précédemment occupé par le gouvernement de la République de Chine qui s’était réfugié sur l’île de Taiwan en 1949. Ainsi, bien qu’avec retard, le rétablissement de la logique et la mise en cohérence avec la réalité ont permis d’officialiser la représentation de la Chine au sein de la plus grande organisation mondiale.</p>
<p style="text-align: justify;">Cette désignation était sans ambiguïté. Or, plus d’un demi-siècle plus tard, certains courants aux Etats-Unis comme à Taiwan sèment des doutes quant au statut de Taiwan et des îles qui y sont rattachées. Leur argument consiste à dire que le nom de Taiwan n’étant pas explicitement mentionné dans la résolution 2758, le statut de l’Ile demeure indéterminé. C’est notamment la position de la Chambre des Représentants américaine, qui s’est exprimée par l’adoption, le 25 juillet 2023, du « <em>Taiwan International Solidarity Act</em> »<a name="post_6625_2a"></a><sup><a href="#post_6625_2b">2</a></sup>. Cet acte pourrait exacerber davantage les tensions déjà tendues dans la région, notamment entre les deux rives du détroit de Taiwan.</p>
<p style="text-align: justify;"><strong> Le fil des événements historiques</strong></p>
<p style="text-align: justify;">Taiwan n’a pas toujours été séparée de la Chine continentale. Les vicissitudes subies par cette île font partie de l’humiliation contemporaine de la Chine. La plaie reste encore béante à ce jour.</p>
<p style="text-align: justify;"><em><strong>A/ Les déclarations du Caire et de Potsdam</strong></em></p>
<p style="text-align: justify;">C’est à l’issue de la guerre sino-japonaise de 1894-1895, notamment avec la lourde défaite navale de Weihai, que la Chine impériale a dû concéder la perte de Taiwan et les îles adjacentes au profit du Japon<a name="post_6625_3a"></a><sup><a href="#post_6625_3b">3</a></sup>. Mais plus tard, au cours et à la fin de la seconde guerre mondiale, lors des Conférences du Caire (22-26 novembre 1943) et de Potsdam (Juillet 1945), les déclarations conclusives ont manifesté la volonté des puissances participantes de rétablir la justice et la logique à cet égard.</p>
<p style="text-align: justify;">La conférence du Caire concentrait ses travaux d’abord sur la lutte contre l&rsquo;empire du Japon puis sur l’établissement d’un nouvel ordre des puissances en Asie, une fois la seconde guerre mondiale achevée. Elle réunissait le président américain Franklin Roosevelt, le premier ministre britannique Winston Churchill, et le généralissime Tchang Kaï-chek, chef du gouvernement de la république de Chine. L’une des principales clauses de la déclaration du Caire concernait Taiwan : <strong><em>le Japon devait restituer à la République de Chine tous les territoires chinois qu&rsquo;il occupait (notamment la Mandchourie, l&rsquo;île de Taiwan et les îles Pescadores)</em></strong><a name="post_6625_4a"></a><sup><a href="#post_6625_4b">4</a></sup> Donc aucun doute possible concernant le statut de Taiwan : l’île faisait partie de la Chine.</p>
<p style="text-align: justify;">Le 26 juillet 1945, les trois gouvernements publiaient la déclaration de Potsdam<a name="post_6625_5a"></a><sup><a href="#post_6625_5b">5</a></sup>, affirmant que « <em>les conditions de la Déclaration du Caire doivent se réaliser</em> ». A partir de 1945, l’archipel revenait donc à l’administration chinoise représentée par le gouvernement de la République de Chine.</p>
<p style="text-align: justify;"><em><strong>B/ Représentation aux Nations unies</strong></em></p>
<p style="text-align: justify;">La Chine est membre fondatrice des Nations unies, la Charte ayant été signée et ratifiée en son nom, les 26 juin et 28 septembre 1945, par le gouvernement de la République de Chine qui représentait la Chine aux Nations unies jusqu&rsquo;au 25 octobre 1971.</p>
<p style="text-align: justify;">La constitution de la RPC, actant le changement de gouvernement à la suite de la défaite du précédent gouvernement, promulguée le 1er octobre 1949, a été notifiée aux Nations unies le 18 novembre 1949.</p>
<p style="text-align: justify;">Vingt ans plus tard, pendant l’été 1971, les Etats Unis entamaient via les visites de Henry Kissinger puis de Nixon, les négociations qui devaient aboutir au dégel de leurs relations avec la Chine. C’est alors que l’Assemblée générale adopta la résolution 2758 qui affirme « <em>le rétablissement de la RPC dans tous ses droits et la reconnaissance des représentants de son gouvernement comme les seuls représentants légitimes de la Chine à l&rsquo;ONU, ainsi que l&rsquo;expulsion immédiate des représentants de Tchang Kaï-chek du siège qu&rsquo;ils occupent illégalement à l&rsquo;ONU et dans tous les organismes qui s&rsquo;y rattachent</em> »<a name="post_6625_6a"></a><sup><a href="#post_6625_6b">6</a></sup>.</p>
<p style="text-align: justify;"><em><strong> C/ Le « Taiwan International Solidarity Act »</strong></em></p>
<p style="text-align: justify;">Le 25 juillet 2023, la Chambre des Représentants des États-Unis a proposé par un vote à main levée un projet de loi, intitulé Taiwan International Solidarity Act, qui modifie le libellé de la loi TAIPEI de 2019.</p>
<p style="text-align: justify;">Le projet de loi fait valoir que la résolution 2758 ne s&rsquo;applique pas à Taiwan, arguant que « <em>la résolution n&rsquo;a pas abordé la question de la représentation de Taiwan et de son peuple aux Nations Unies ou dans toute organisation apparentée, ni pris position sur les relations entre la [RPC] et Taiwan ou n&rsquo;a inclus aucune déclaration relative à la souveraineté de Taiwan</em> »<a name="post_6625_7a"></a><sup><a href="#post_6625_7b">7</a></sup>. Comme nous venons de le voir, cette lecture ne correspond pas aux faits.</p>
<p style="text-align: justify;"><strong> Un statut par définition non négociable</strong></p>
<p style="text-align: justify;">La représentation de la Chine à l&rsquo;ONU est reconnue depuis longtemps sur le plan politique, juridique et procédural. Nous constatons que dans le texte de la résolution 2758, rien n’a été mentionné relatif à une quelconque modification ou amputation du territoire de la Chine. Il n’y a pas d’incohérence entre la définition du territoire dans la Constitution de la RPC et celle de la République de Chine (version de 1946, toujours consultable à ce jour sur le site du Gouvernement à Taiwan<a name="post_6625_8a"></a><sup><a href="#post_6625_8b">8</a></sup>). La souveraineté ainsi rétablie est totale.</p>
<p style="text-align: justify;">La résolution 2758 reconnaissait le principe d&rsquo;une seule Chine et indiquait clairement que le gouvernement de la RPC est le seul gouvernement légitime, représentant l&rsquo;ensemble de la Chine, y compris Taïwan. Par les mots <em>restituer</em> et <em>illégalement</em>, elle révèle la nature de l&rsquo;occupation des partisans de Chiang Kai-chek. Si la représentation de la Chine à l&rsquo;ONU n&rsquo;inclut pas Taïwan, pourquoi « les représentants de Chiang Kai-chek » devraient-ils être expulsés de l&rsquo;ONU ? De plus, Taïwan, en tant que partie de la Chine, n&rsquo;avait pas besoin d&rsquo;être distingué dans la résolution, de la même façon que Hawai ou l&rsquo;Alaska n&rsquo;étaient pas mentionnés dans la représentation des États-Unis<a name="post_6625_9a"></a><sup><a href="#post_6625_9b">9</a></sup>.</p>
<p style="text-align: justify;">L’adoption éventuelle par le Congrès américain du <em>Taiwan International Solidarity Act</em> risquerait d’envenimer une situation déjà inquiétante. Bien que l’Administration des Etats-Unis dise et répète que ce pays respecte le principe politique d’une Chine unique, nous voyons que, dans la réalité, ils voudraient pouvoir reconnaître <em>de facto</em> Taiwan comme un pays indépendant et distinct, en contradiction flagrante avec les trois communiqués qui fondent les relations diplomatiques entre les Etats-Unis et la RPC. L’adoption du <em>Taiwan International Solidarity Act</em> serait de nature à aggraver la situation déjà très tendue dans la région et son effet risquerait de mener à un conflit armé.</p>
<p style="text-align: justify;">Nous voyons bien que les Etats-Unis traitent Taiwan comme un territoire dépendant quand ils prennent le volant pour organiser sa défense, par exemple au travers de <em>Taiwan Policy Act</em><a name="post_6625_10a"></a><sup><a href="#post_6625_10b">10</a></sup>, (évaluation des capacités, des besoins en équipements, des plans de bataille, jusqu’au recensement des ressources civiles…) sans oublier les stratégies et les tactiques de propagande utilisées dans une guerre de l’information. On imagine aussi qu’il s’agit de transformer Taiwan en <em><strong>hérisson</strong></em> armé en vue d’une stratégie de terre brûlée, par exemple en équipant de missile Stinger toutes les stations de police.</p>
<p style="text-align: justify;">Le <em>Taiwan International Solidarity Act</em> est maintenant sur le bureau du Sénat où les Démocrates sont en majorité. Ces derniers le laisseront-il passer ? Le Président Biden le ratifiera-t-il si le document devient une loi ? Si ce document prenait valeur de loi, les réactions de la Chine risqueraient d’être très violentes, et cela mettrait dans l’embarras les alliés des Etats-Unis, comme la France, ceux-là ayant pour base de leurs relations diplomatiques avec la Chine le principe politique d’une Chine unique avec Taiwan en tant que partie inaliénable.</p>
<p style="text-align: justify;">Comme nous le savons, les deux rives du détroit de Taiwan sont dans une relation plus qu’étroite sur le plan économique et commercial. Plus de 40% des produits taïwanais sont destinés au continent. Une part très importante des investissements taïwanais emprunte la même voie. Un conflit armé n’est absolument pas dans l’intérêt des deux rives et aurait des répercussions sur la région et le monde.</p>
<p style="text-align: justify;">Souhaitons que les deux rives du détroit de Taiwan puissent s’asseoir ensemble à la table de la négociation pour trouver une solution pacifique afin de mettre fin à une situation héritée de la guerre civile, et ceci sans l’intervention importune d’acteurs externes.</p>
<p style="text-align: justify; font-size: 80%;"><a name="post_6625_1b"></a><sup><a href="#post_6625_1a">1</a></sup> Titulaire de deux doctorats (philosophie et ingénierie) et familier des domaines clés de la NTIC, Alex Wang est ancien cadre dirigeant d’une entreprise high tech du CAC 40. Il est également un observateur attentif des évolutions géopolitiques et écologiques.<br />
<a name="post_6625_2b"></a><sup><a href="#post_6625_2a">2</a></sup> Cf. Taiwan International Solidarity Act, Congress.Gov (<a href="https://www.congress.gov/bill/118th-congress/house-bill/1176" target="_blank">https://www.congress.gov/bill/118th-congress/house-bill/1176</a>)<br />
<a name="post_6625_3b"></a><sup><a href="#post_6625_3a">3</a></sup> Cf. Dondon Media, <a href="https://dondon.media/lpremiere-guerre-sino-japonaise-1894-1895-en-bref/" target="_blank"><em>La première guerre sino-japonaise (1894-1895) en bref</em></a>, Nov 12, 2022 ; Cf. également, <a href="https://asialyst.com/fr/auteur/joris-zylberman/" target="_blank">Joris Zylberman</a>, La Chine maritime et navale (3/7) : <em>la défaite fondatrice contre le Japon en 1895</em>, Asialyst, Publié 05 Octobre 2019, Mis à jour 20 Octobre 2019.<br />
<a name="post_6625_4b"></a><sup><a href="#post_6625_4a">4</a></sup> “… <em>all the territories Japan has stolen from the Chinese, such as Manchuria, Formosa, and The Pescadores, shall be restored to the Republic of China</em>”, 1943 Cairo Declaration, WIKIPEDIA (<a href="https://fr.wikipedia.org/wiki/Conf%C3%A9rence_du_Caire_de_1943" target="_blank">https://fr.wikipedia.org/wiki/Conf%C3%A9rence_du_Caire_de_1943</a>)<br />
<a name="post_6625_5b"></a><sup><a href="#post_6625_5a">5</a></sup> <em>La déclaration du Potsdam</em>, WIKIPEDIA (<a href="https://fr.wikipedia.org/wiki/Conf%C3%A9rence_de_Potsdam" target="_blank">https://fr.wikipedia.org/wiki/Conf%C3%A9rence_de_Potsdam</a>).<br />
<a name="post_6625_6b"></a><sup><a href="#post_6625_6a">6</a></sup> Wikipedia : Résolution 2758 de l&rsquo;Assemblée générale des Nations unies (<a href="https://fr.wikipedia.org/wiki/R%C3%A9solution_2758_de_l%27Assembl%C3%A9e_g%C3%A9n%C3%A9rale_des_Nations_unies" target="_blank">https://fr.wikipedia.org/wiki/R%C3%A9solution_2758_de_l%27Assembl%C3%A9e_g%C3%A9n%C3%A9rale_des_Nations_unies</a>)<br />
<a name="post_6625_7b"></a><sup><a href="#post_6625_7a">7</a></sup> Stacy Hsu and Matthew Mazzetta, <em>U.S. House passes bill to safeguard Taiwan&rsquo;s international participation</em>, Focus Taiwan, 07/26/2023.<br />
<a name="post_6625_8b"></a><sup><a href="#post_6625_8a">8</a></sup> Pour la <strong>Constitution de la République de Chine</strong> (adoptée en 1946 et toujours en vigueur) : Article 4 : « Le territoire de la République de Chine comme il est défini par ses frontières et régions existantes ne peut être modifié, sauf par une résolution de l’Assemblée nationale », à l’époque le Gouvernement nationaliste contrôlait tout le territoire : le continent, Taiwan et les îles aux alentours. Cet article n’a jamais été modifié jusqu’ici (Cf. <a href="https://archive.wikiwix.com/cache/index2.php?url=http%3A%2F%2Fenglish.president.gov.tw%2FDefault.aspx%3Ftabid%3D1107#federation=archive.wikiwix.com&amp;tab=url" target="_blank">Constitution sur le site officiel de la Présidence de la République de Chine</a>) ;<br />
Pour la <strong>Constitution de la République Populaire de Chine</strong> : Premier chapitre / 9. « Taiwan est un territoire sacré de la République populaire de Chine. »<br />
<a name="post_6625_9b"></a><sup><a href="#post_6625_9a">9</a></sup> L&rsquo;auteur est un commentateur sur les affaires internationales, écrivant régulièrement pour Global Times, CGTN et China Daily.<br />
<a name="post_6625_10b"></a><sup><a href="#post_6625_10a">10</a></sup> Alex Wang, <a href="https://www.revueconflits.com/taiwan-policy-act-les-etats-unis-face-a-taiwan/" target="_blank"><em>Taiwan Policy Act. Les Etats-Unis face à Taïwan</em></a>, Revue Conflits, le 18 oct, 2022.</p>
]]></content:encoded>
			<wfw:commentRss>http://www.societestrategie.fr/le-statut-de-taiwan-remis-en-question/feed/</wfw:commentRss>
		<slash:comments>0</slash:comments>
		</item>
		<item>
		<title>SINOCLE 2022 – Le dragon, roi de la tactique</title>
		<link>http://www.societestrategie.fr/sinocle-2022-le-dragon-roi-de-la-tactique/</link>
		<comments>http://www.societestrategie.fr/sinocle-2022-le-dragon-roi-de-la-tactique/#comments</comments>
		<pubDate>Thu, 22 Dec 2022 11:08:08 +0000</pubDate>
		<dc:creator><![CDATA[vincent]]></dc:creator>
				<category><![CDATA[Actualités]]></category>
		<category><![CDATA[Chine]]></category>

		<guid isPermaLink="false">http://www.societestrategie.fr/?p=6605</guid>
		<description><![CDATA[Chaque culture a son bestiaire managérial. Héritiers de Machiavel et de La Fontaine, en politique comme dans le business, nous tenons le renard et le lion pour des figures tutélaires. Les Chinois ont le dragon et le loup. Le dragon parce qu’il est l’animal qui traverse tous les mondes et s&#8217;adapte à tous les milieux [&#8230;]]]></description>
				<content:encoded><![CDATA[<p style="text-align: justify;">Chaque culture a son bestiaire managérial. Héritiers de Machiavel et de La Fontaine, en politique comme dans le business, nous tenons le renard et le lion pour des figures tutélaires. Les Chinois ont le dragon et le loup.</p>
<p style="text-align: justify;">Le dragon parce qu’il est l’animal qui traverse tous les mondes et s&rsquo;adapte à tous les milieux avec son corps qui tient du serpent, du poisson, de la licorne, de l’aigle et du cerf. Animal multiple et transgenre dont la puissance est aussi impressionnante que la plasticité. Le loup parce qu’il a un flair hors-norme, n’a peur de rien, est fulgurant quand il attaque, chasse en meute et reste loyal jusqu’à la mort au chef de la bande. Animal indomptable et dévoué à ses frères, aussi endurant qu’implacable. Dragon et loup sont les deux animaux totems des entrepreneurs chinois, ceux qui inspirent leurs tactiques pour mieux diriger dans l’incertitude comme le raconte brillamment Sandrine Zerbib, la femme qui a fait réussir Adidas en Chine, autrice avec Aldo Spaanjaars de <em>Dragon Tactics</em>.</p>
<p><span id="more-6605"></span></p>
<p style="text-align: justify;">Ajoutez à ces deux animaux fétiches, une pensée de Ren Zengfei, une de Jack Ma, une de Sun Tzu, une de Lao Tseu et une de Kai-Fu Lee et vous avez le bréviaire des entrepreneurs chinois ou au moins les principes pour comprendre comment les entrepreneurs chinois réussissent.</p>
<p style="text-align: justify;">Ces cinq pensées les voici : la culture des start-up chinoises est le yin du yang de la Silicon Valley car tandis que les secondes se fixent une mission, les premières sont au contraire guidées par le marché (1), deviens aussi fluide que l’eau qui trouve toujours sa voie en s’adaptant au terrain (2), dans leur combat contre les lions, les loups sont supérieurs car ils sont acharnés à l’emporter et ignorent la peur de la défaite (3), tout empire peut s’effondrer mais un écosystème peut survivre éternellement (4), quand les généraux manœuvrent sur le champ de bataille, il n’ont pas à obéir à chaque ordre du roi (5). Les sinophiles rapporteront ces pensées à leurs auteurs respectifs, le président de Sinnovation Ventures, le stratège antique, le philosophe taoïste et les fondateurs d’Alibaba et de Huawei.</p>
<p style="text-align: justify;">Peu importe l’auteur, c’est l&rsquo;idée qui compte ou plutôt le paysage intellectuel qu’elle dessine. Car le business n’est rien sans la configuration conceptuelle qui y préside. Et la conception chinoise du business inverse nombre d’idées occidentales. A commencer par la sacralisation de la stratégie : on a tout à gagner avec la tactique et beaucoup à perdre avec la stratégie pense l’entrepreneur chinois. Car la stratégie a l’immobilisme de ses principes plus soucieux de prouver la pertinence d’un plan que de comprendre la mobilité des marchés. Observer est préférable à modéliser. Le modèle, mantra occidental, finit toujours par aveugler celui qui le pense, il a une fâcheuse tendance à forcer le réel pour le faire correspondre à sa projection alors que l’observation s’en tient au ras des choses et à l‘éternelle recomposition de leurs rapports de forces. Le modèle idéalise, et par son idéalisation endort, l’observation brutalise, et par sa brutalité réveille. Comme le coup de bambou que le moine taoïste donne à son disciple pour lui rappeler que la réalité est déjà plus loin que son esprit. La modélisation à l&rsquo;occidentale cache une peur du chaos et sa volonté farouche de le maîtriser l’empêche souvent de l&rsquo;apprivoiser, d’en jouer pour mieux en profiter.</p>
<p style="text-align: justify;"><a href="http://www.societestrategie.fr/wp-content/uploads/2022/12/sinocle-dragon-tactics.jpg"><img class="aligncenter size-medium wp-image-6606" src="http://www.societestrategie.fr/wp-content/uploads/2022/12/sinocle-dragon-tactics-272x300.jpg" alt="sinocle-dragon-tactics" width="272" height="300" /></a><br />
Le tacticien chinois sait que la vitesse d’exécution est supérieure à la finesse de l’analyse. Inutile de maîtriser tous les paramètres d’un marché pour le contrôler et réussir à s’imposer. Pour rester au plus près des marchés et de leurs mutations en temps réel il existe une arme fatale : la data. D’où la fortune en Chine du capitalisme numérique <em>data driven</em> qui décuple les ressources du pays en créant des entreprises pensées comme des écosystèmes sur le plus grand marché du monde où presque 600 millions de personnes sont connectées à l’internet haut débit. Oubliez la stratégie, ne faites confiance à personne sauf à la data, remplacez le modèle par l’algorithme, aidez le chaos et le chaos vous aidera : on pourrait ainsi dramatiquement résumer les mots de passe pour s’en sortir quoi qu’il arrive, et non pas quoi qu’il en coûte. Ceux qui ont réussi en Chine, KFC, Mc Donald’s, L’Oréal, Starbucks, Mars, Tesla, Gucci, Adidas, Hermès, Burberry, l’ont compris. Les autres, Amazon, Carrefour, Danone, Uber, non. On sort du voyage micro-économique de <em>Dragon Tactics</em> enrichi mais inquiet. Avec deux questions sans réponse.</p>
<p style="text-align: justify;">L&rsquo;idéologie chinoise du business est celle d’une économie de guerre : le marché c’est la guerre, l’entreprise c’est la guerre, la course aux ressources énergétiques c’est la guerre. Or la guerre c’est la violence, la domination, la prédation, les vainqueurs faibles de leurs pouvoirs usurpés et les vaincus forts de leurs seuls ressentiments et de leur haine. Comment réparer notre monde qui s’effondre avec une économie de guerre ?</p>
<p style="text-align: justify;">La culture chinoise du business a ses vertus et ses limites, au même titre que la culture occidentale : la prospérité et la stabilité du monde passent par l’hybridation des deux ou a minima par leur intelligence partagée. Comment est-ce possible tant que les deux premières puissances du monde vivront dans la défiance mutuelle et le déni respectif ?</p>
]]></content:encoded>
			<wfw:commentRss>http://www.societestrategie.fr/sinocle-2022-le-dragon-roi-de-la-tactique/feed/</wfw:commentRss>
		<slash:comments>0</slash:comments>
		</item>
	</channel>
</rss>
