Ce qui est le plus révélateur des dernières décennies, c’est l’affirmation, sinon le retour, des régimes impérialistes. Mis à part l’Europe, vaccinée contre ces dérives et institutionnellement éloignée de cette tentation, partout ailleurs, sur tous les continents, renaît cette idée vieille comme le monde d’établir le pouvoir par et sur la force et de l’imposer aux autres. On connaît le destin historique des empires : ils sont périssables. Peu ont survécu aux deux guerres mondiales et ce sont justement ceux-là qui empoisonnent notre monde et lui font prendre le risque d’une réédition des grands traumatismes guerriers du XXe siècle. Mais autant, à la veille de ces deux conflits mondiaux, les « puissances » avaient « toutes les cartes » en main, autant en 2026 il semble bien qu’il n’en soit rien. Parmi d’autres manifestations d’une violence désinhibée, les conflits en cours en Ukraine et en Iran le démontrent chaque jour, qui voient les puissances agressives en échec (ou en insuccès) et les pays agressés très affaiblis mais résistants. Lire la suite
ACTUEL 78 – Le dilemme du couple soldat-politique
Depuis la guerre d’Algérie, ses dérives psychologiques et les péripéties du putsch des généraux en avril 1961, l’obsession du pouvoir politique, toutes tendances confondues, a été de dépolitiser l’armée et de la cantonner dans ses seules fonctions techniques et opérationnelles. La guerre froide – démilitarisée de fait – se prêtait parfaitement à cette marginalisation. Après la chute du Mur de Berlin, la suppression de deux composantes nucléaires terrestres, Hadès en 1992 et Albion en 1996, la suspension du service national en 1996 et enfin la « curialisation » généralisée du corps des officiers généraux après la guerre du Golfe en 1991 ont concouru avec une remarquable efficacité à accentuer ce cantonnement de l’armée. Aucun lien réel – sinon dégradé comme le budget annuel – n’était maintenu entre la Nation et son Armée, ni l’inclusion dans le continuum de la dissuasion pour l’armée de Terre, ni la participation majeure des citoyens dans l’organisation militaire. Réduite à elle-même et à sa sphère technico-opérationnelle, l’Armée était et reste « étrangère » sinon à la Nation du moins à la société dont les préoccupations et les tendances foncières se sont sensiblement éloignées des « valeurs » militaires.
Un monde qui se cherche, par Jean-Marie Dedeyan
Nous publions, avec l’aimable autorisation de l’auteur, un article intitulé « Un monde qui se cherche » écrit par Jean-Marie Dedeyan, ancien professeur associé des Universités et Vice-Président de la Fondation Charles de Gaulle.
Cet article a originellement été publié dans la lettre d’EuroDéfense-France, n° 91, janvier 2026.
ACTUEL 77 – La fin des illusions ?
Les générations du XXe siècle ont été enrôlées pour servir les illusions propagées par les totalitarismes des deux bords, conçus peut-être pour la grandeur et le bonheur des peuples mais conduits rapidement vers la misère et la dévastation de l’humanité. Ces générations ont payé très cher leur naïveté, leur aveuglement et leur soumission. L’histoire est-elle condamnée à se répéter, non comme une « farce » selon Marx mais comme une perpétuelle tragédie ?
ACTUEL 76 – De la sécurité de la France
Sur ce sujet essentiel, on ne peut se contenter d’une analyse factuelle ; il faut remonter aux origines. Dès le début des années 1990, soit dans les premiers temps de l’après-guerre froide, la disparition de la menace soviétique a agi comme un filtre magique sur l’Europe occidentale et, plus généralement sur l’Alliance atlantique qui était organisée contre le menaçant Pacte de Varsovie. La « paix » était donc survenue et c’était une bonne surprise, tellement heureuse qu’on se mit à théoriser la « fin de l’Histoire » et les dividendes que les peuples allaient en tirer.

