Archives pour la catégorie Lettre ACTUEL

Abonnés

ACTUEL 46 – « Agir ensemble », un nouvel oxymore ?

Parmi les facteurs fondamentaux de la stratégie – ceux qui rendent possible l’action -, pour la plupart remis en question par la révolution de la « globalisation », le rôle et la place des « acteurs » stratégiques revêtent à l’évidence une importance décisive.
Si l’on se permet de quitter un instant les chemins trop usités de la stratégie conventionnelle, celle qui ne s’attache qu’à la guerre ou à la géopolitique, et si l’on veut bien admettre, avec l’étymologie (stratos ageinagir ensemble), que la stratégie est bien plus que cela, qu’elle recouvre tous les domaines qui ressortent de l’action, alors les bouleversements de notre époque – politiques, sociologiques, économiques, techniques – ont un impact direct et profond aussi bien sur les logiques que sur les structures qui gouvernaient jusqu’à présent la « démarche stratégique ».
Celle-ci vise effectivement à obtenir des résultats dans la poursuite d’un objectif censé mobiliser les ressources nécessaires pour l’atteindre. Cet « agir » en perspective suppose donc la convergence des moyens et des volontés, cet « ensemble » qui traduit bien en langue moderne le grec « stratos » (foule, grand nombre, armée…). Lire la suite

Abonnés

ACTUEL 45 – Les enjeux mondiaux du « printemps français »

A suivre l’ensemble des débats organisés pendant la campagne électorale, il semblerait que la plupart des médias et aussi des divers commentateurs, focalisés sur les affaires intérieures, n’aient pas pris conscience de l’enjeu considérable que revêt l’élection présidentielle française dans le paysage politique et économique mondial – à moins qu’ils se soient tous refusés à aborder un thème aussi compliqué qu’inquiétant.

Lire la suite

Abonnés

ACTUEL 44 – Une nouvelle donne stratégique

Alors que les experts et commentateurs de la vie politique mondiale se répandent en conjectures sur « l’imprévisibilité géopolitique » de l’année 2017, nous devrions au contraire, sinon nous réjouir, au minimum avoir un regard plein d’intérêt pour ces mouvements planétaires. Nous avons, presque tous, suffisamment dénoncé le « marécage stratégique » auquel nous condamnait une « uni-polarité molle », celle d’une « hyperpuissance » entravée et renonçante, pour ne pas applaudir aux changements de lignes qu’on observe ici et là, et qui recréent un peu partout des « espaces de manœuvre », des capacités de liberté d’action depuis longtemps paralysées. Certes, dès qu’on dit espace et qu’on pense liberté, on ouvre une boîte de Pandore : tout jeu, s’il est ouvert, est risqué et, selon la mise, peut entraîner sur des pentes glissantes. Mais l’essentiel se situe en amont, à l’amorce de l’ouverture du jeu, dans les possibilités offertes à tous les acteurs, pourvu qu’ils le veuillent et s’en donnent les moyens, de jouer leur rôle en s’inscrivant dans une prévisible reconfiguration du monde.

Lire la suite

Abonnés

ACTUEL 43 – Démocratie et stratégie

Depuis ses origines, la stratégie a toujours été conçue comme un outil ou une méthode de « commandement » – management, direction, gestion…Elle procédait donc d’un « chef », de sa vison, de ses projets, de sa capacité de décision et, plus généralement, du système moteur qui l’accompagnait ou dont il procédait, à savoir une organisation et des moyens. Par sa nature, elle s’avère ainsi hiérarchique, verticale, élitiste…et ne devrait logiquement se satisfaire que de régimes politiques forts, voire autoritaires.
Dans ces conditions, l’Etat-stratège est-il compatible avec la démocratie ? C’est sans doute une des bonnes questions de notre époque où se côtoient sans aménité des régimes « impériaux » naturellement stratégiques (Russie, Chine, Turquie, par exemple…) et d’autres, démocratiques, qui procèdent d’une très large « horizontalité » et dont le « populisme » pourrait les priver d’autorité autant sur le plan intérieur que dans les relations internationales.

Lire la suite