Archives pour la catégorie Lettre ACTUEL

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ACTUEL 50 – Avis de tempête planétaire

L’été 2018 va rester dans les annales et pas seulement pour des raisons caniculaires. Annoncée depuis plusieurs mois, la tempête s’est levée en plusieurs points du globe et les prévisions météorologiques la concernant sont plutôt inquiétantes. Le vent souffle de plusieurs endroits à la fois, mais le vent d’Amérique est aujourd’hui le plus violent et on n’en attendait pas moins de la plus grande puissance du monde. Nous étions avertis, le Président Trump l’avait martelé à longueur de discours électoraux : l’ordre mondial tel qu’il le percevait ne convenait plus à l’Amérique qu’il représentait. Et étant en capacité sinon de le détruire du moins d’en modifier les lignes, il appliquait son programme en dénonçant les accords qu’il estimait contraires aux intérêts immédiats des Etats-Unis : Cop21, union transpacifique, ALENA, compromis sur le nucléaire iranien, etc. Ces coups de poignard répétés sur le système du monde tel qu’il a été supporté par les Etats-Unis eux-mêmes depuis 1945 ont effectivement l’effet dévastateur recherché par son protagoniste sur l’ordre mondial.

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ACTUEL 49 – Le Yémen, nouvel épicentre stratégique ?

Alors que nous émergeons à peine de quelques décennies post-guerre froide aussi chaotiques qu’opaques, la tectonique des puissances révèle les grandes failles qui fracturent le monde et le rendent historiquement toujours aussi prolifique. Si nous ne sommes plus au commencement de l’Histoire, nous sommes assurés d’être aussi loin de son terme, car l’humanité est comme le fleuve d’Héraclite, l’eau qui y coule n’est jamais la même. Qu’on ait discerné un « sens de l’histoire » qui s’accorderait à une dynamique est-ouest universelle ne signifie pas son épuisement aux côtes californiennes mais, bien au contraire, sa capacité à poursuivre le mouvement ailleurs ou à le réinventer par-dessus l’océan Pacifique. Personne ne nous condamne à un retour au « précolombien », tout nous invite à enclencher le énième cycle de notre Histoire. Malgré la caricature qu’en fit Marx, nous savons que l’Histoire ne se répète pas et qu’il conviendrait que nous soyons capables d’en discerner les évolutions, notamment celles qui affectent nos mécanismes stratégiques. Lire la suite

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ACTUEL 48 – Le sacre de Xi Jinping

Lors de sa session de mars 2018, l’Assemblée nationale populaire chinoise a plébiscité la modification de la Constitution qui limitait jusqu’à présent à deux les mandats du Président et imposait à 68 ans la retraite des responsables politiques. Le Président XI Jinping, Secrétaire général du PCC depuis octobre 2012, chef de l’Etat et président de la Commission militaire centrale depuis mars 2013, se voit ainsi offrir sur un plateau la possibilité de conduire la politique chinoise au-delà du terme normal de son mandat en 2023. Les journaux du monde entier se sont emparés de ce « coup d’Etat » pour en faire des gorges chaudes et fustiger le retour quarante ans en arrière du régime chinois. Si cette appréciation est fondée, elle n’en reste pas moins partielle et rend mal compte en tout cas des raisons objectives qu’on peut supposer avoir motivé cette évolution du régime chinois. Lire la suite

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ACTUEL 47 – Kim Jong-un, le Général et la Bombe…

Faut-il que l’actualité obscurcisse le ciel au point qu’on en oublie, dans l’art stratégique, la genèse de la dissuasion et les débats de haut vol qui s’ensuivirent au début des années 1960 ? A cette époque, le vilain canard nucléaire était français et s’appelait le Général de Gaulle. Il est vrai que les circonstances étaient tout autres et qu’en particulier nul traité ne venait brider puis interdire l’accès au nucléaire militaire des prétendants potentiels. La France affirmait alors sa volonté de s’insérer en tiers dans un jeu limité aux deux Grands, la Chine et la Grande-Bretagne s’inscrivant l’une et l’autre (au moins initialement pour la première) dans ce bipolarisme. Ne faisons donc pas d’anachronisme entre ce que fut la situation de la France gaullienne et celle du Nord-Coréen Kim Jong-un en 2017. Et pourtant….

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