Archives pour la catégorie Lettre ACTUEL

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ACTUEL 78 – Le dilemme du couple soldat-politique

Depuis la guerre d’Algérie, ses dérives psychologiques et les péripéties du putsch des généraux en avril 1961, l’obsession du pouvoir politique, toutes tendances confondues, a été de dépolitiser l’armée et de la cantonner dans ses seules fonctions techniques et opérationnelles. La guerre froide – démilitarisée de fait – se prêtait parfaitement à cette marginalisation. Après la chute du Mur de Berlin, la suppression de deux composantes nucléaires terrestres, Hadès en 1992 et Albion en 1996, la suspension du service national en 1996 et enfin la « curialisation » généralisée du corps des officiers généraux après la guerre du Golfe en 1991 ont concouru avec une remarquable efficacité à accentuer ce cantonnement de l’armée. Aucun lien réel – sinon dégradé comme le budget annuel – n’était maintenu entre la Nation et son Armée, ni l’inclusion dans le continuum de la dissuasion pour l’armée de Terre, ni la participation majeure des citoyens dans l’organisation militaire. Réduite à elle-même et à sa sphère technico-opérationnelle, l’Armée était et reste « étrangère » sinon à la Nation du moins à la société dont les préoccupations et les tendances foncières se sont sensiblement éloignées des « valeurs » militaires.

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ACTUEL 77 – La fin des illusions ?

Les générations du XXe siècle ont été enrôlées pour servir les illusions propagées par les totalitarismes des deux bords, conçus peut-être pour la grandeur et le bonheur des peuples mais conduits rapidement vers la misère et la dévastation de l’humanité. Ces générations ont payé très cher leur naïveté, leur aveuglement et leur soumission. L’histoire est-elle condamnée à se répéter, non comme une « farce » selon Marx mais comme une perpétuelle tragédie ?

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ACTUEL 76 – De la sécurité de la France

Sur ce sujet essentiel, on ne peut se contenter d’une analyse factuelle ; il faut remonter aux origines. Dès le début des années 1990, soit dans les premiers temps de l’après-guerre froide, la disparition de la menace soviétique a agi comme un filtre magique sur l’Europe occidentale et, plus généralement sur l’Alliance atlantique qui était organisée contre le menaçant Pacte de Varsovie. La « paix » était donc survenue et c’était une bonne surprise, tellement heureuse qu’on se mit à théoriser la « fin de l’Histoire » et les dividendes que les peuples allaient en tirer.

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ACTUEL 75 – L’Europe enfin libérée !

Ce serait une bonne nouvelle si c’était une certitude, si nous n’étions pas le jouet des foucades trumpiennes et si cela ne se passait pas sur le dos du peuple ukrainien aussi héroïque qu’exemplaire. Ce serait en effet une excellente nouvelle si l’on pouvait affirmer en cette fin d’hiver 2025 que l’Europe est enfin « libérée » de sa tutelle américaine. Les Européens, en se réunissant et, du moins en apparence, en se rassemblant, semblent donner foi à la rupture transatlantique. La donne, gravée depuis 80 ans dans le marbre occidental, a brutalement changé et les conséquences seront considérables pour la plupart des acteurs mondiaux, à commencer par les intéressés que sont les pays européens au rang desquels il faut compter l’Ukraine, et en suivant pour les deux protagonistes principaux : la Russie et les Etats-Unis d’Amérique.

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ACTUEL 74 – Empires vs Etats-Nations

Ainsi les électeurs américains ont-ils choisi de confier toutes les clefs du pouvoir non pas à un chef d’Etat tel qu’on le conçoit dans la plupart des Etats-Nations mais à un personnage qui se prend et ressemble à une sorte d’« imperator ». Dans la qualification de « République impériale » dont on pouvait affubler leur pays, ils ont fait pencher la balance et sorti les Etats-Unis de leur dualité en se rangeant sans ambiguïté du côté impérial ; certes, un empire aussi maritime que continental, aussi disparate sur le plan ethnique qu’idéologique, mais un empire financier, technologique, militaire sans rival sérieux. Ce faisant et sans probablement en avoir conscience, ils ont accéléré la redistribution des cartes mondiales : là où, jusqu’à présent, l’Amérique était alliée des Etats-Nations et rivale des Empires, elle risque d’inverser les rôles en devenant partenaire des deux grands Empires et rivale des Etats-Nations concentrés pour l’essentiel en Europe. En effet, dans la lutte séculaire entre Empires et Etats-Nations, la conception du pouvoir et la vision de l’Amérique de Donald Trump le conduiront sans doute à se comporter au moins comme un monarque parmi ses collègues autocrates Poutine et Xi dans le marigot que fréquentent ces grands sauriens. Le nombre et le poids des Etats-Nations mus plus par « le droit » que par « l’intérêt » vont se réduire fortement car Trump va faire des émules et encourager les apprentis dictateurs et populistes du monde entier. L’Europe, déjà malade d’une anémie démocratique, risque de se trouver bien seule pour préserver la survie de l’Etat-Nation.

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