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D’une civilisation à l’autre…

Il s’agit ici d’hypothèses. Nous sommes tellement environnés de certitudes qu’il faut cette précaution de style pour oser s’aventurer sur un chemin aussi critique que celui de la distinction entre les deux civilisations qui structurent notre monde, l’occidentale et l’orientale, la première européo-américaine, la seconde essentiellement asiatique et chinoise. Lire la suite

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Le Monde au défi

Hubert Védrine – Fayard, 2016, pp 69 à 72

« …venons-en au principal défi actuel en Eurasie et en Afrique : l’affrontement mondial au sein de l’Islam entre le 1% terroriste, au maximum, ….et les autres. Plusieurs scénarios sont possibles. A cheval sur la Syrie et l’Irak, l’Etat islamique peut s’enkyster, malgré la coalition occidentalo-sunnite et la coalition russo-iranienne, toutes deux plus ou moins convergentes et qui lui ont fait perdre du terrain depuis 2015. L’organisation terroriste peut toujours essayer de déstabiliser une partie du Liban, de la Jordanie, et le nord-ouest de la péninsule arabique. Des entités associées se sont implantées et tentent de s’enraciner au Yémen – d’où la guerre qui fait rage – au Sinaï, en Libye, au Sahel, autour du lac Tchad. Comme elles l’auraient fait au Mali, jusqu’à Bamako, si la France ne s’était pas mise au travers, à la demande et au soulagement des Africains et avec l’accord du Conseil de sécurité. Lire la suite

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La nouvelle révolution stratégique et/ou la certitude de la guerre, par Eric de La Maisonneuve

Septembre 2016

Si on se réfère à l’histoire, les risques statistiques de la guerre peuvent d’autant moins être écartés qu’une longue période de brouillard stratégique a permis à certains opérateurs du monde de travailler dans l’ombre et d’avancer masqués.
Dans cette optique et compte tenu de la forte dégradation de la situation géostratégique ici ou là, l’éventualité d’une « vraie » guerre – régionale à répercussion mondiale – doit être sérieusement envisagée. La périphérie est-européenne, les zones moyen-orientale et sahélienne, les mers de Chine, autant d’espaces de frictions déclenchées pour des raisons essentiellement géopolitiques mais aussi économiques et religieuses. Les ingrédients habituels de la guerre sont ainsi réunis en divers points de la planète, en même temps que s’arment ou se réarment de nombreux pays concernés par ces différends. Vingt-cinq ans après la fin de la guerre froide et les utopies pacifistes qui ont suivi, les réalités du monde nous rattrapent et nous imposent leur brutale logique. Nous voguons ainsi, depuis plus d’un siècle, d’une candide naïveté géopolitique à une frénésie guerrière nationaliste. Il semble bien que la trêve pacifiste soit près de s’achever. Lire la suite

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Le retour de la violence en Europe, par Jean-Dominique Giuliani*

La politique en Europe ressemble de plus en plus au football. L’Euro 2016 se joue d’abord, pour les casseurs, à coups de pieds et de poings dans les tribunes et dans les rues. Drôle de sport! Il en va de même en politique. Les populistes sont aussi montés à l’assaut de l’Union européenne, à coup de mensonges grossiers, de slogans rassis voire raciaux, d’arguments nauséabonds. Partout sur le continent, extrémistes, nationalistes et mouvements anti-élites trouvent dans la construction européenne une cible facile qui résume à elle seule leur colère envers leurs dirigeants. Ici aussi les casseurs d’idées ont la vedette.

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Ethique de la liberté

Mathieu Lainé – in Dictionnaire amoureux de la liberté, Plon, 2016, p.297.

« Notre époque bouscule les organisations traditionnelles. La verticalité s’estompe au profit d’une multitude de connexions savamment orchestrées mais non hiérarchisées. La prime est accordée aux plates-formes, à l’innovation, à l’agilité. Les privilèges de classe, la toute-puissance des Etats, la prétention écrasante des grandes structures vivent leurs dernières heures. Le monde des NBIC (Nano et Biotechnologies, Informatique et sciences Cognitives) et des GNR (Génétique, Nanotechnologie et Robotique) fait exploser les déterminismes de classes et les dépendances institutionnalisées. Internet réalloue les pouvoirs. Le consommateur devient producteur et, grâce au crowdsourcing (l’utilisation intelligente des données), chacun peut contribuer à la redéfinition des stratégies économiques. Déhiérarchisation des décisions, atomisation des activités, multiplication à l’infini des points de rencontres et de diffusion du savoir et de la culture, le nouveau monde ringardise et triomphe des oligarchies capitalistiques comme des aristocraties administratives.

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Relever la France, Etat d’urgence

Christian Saint-Etienne, Odile Jacob, 2016

« Ce livre n’est pas politique, il est stratégique : on part du monde tel qu’il est plutôt que d’une vague représentation politique d’un monde idéel.
La France est aujourd’hui mentalement à l’arrêt : pas de diagnostic partagé des problèmes à résoudre, plus de vision commune de l’avenir du pays. Cette atrophie de la vision commune est un cancer irrémédiable, sauf à réagir avec force. Lire la suite

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L’économie du bien commun

Jean Tirole, Prix Nobel d’économie, PUF, 2016

Où est passé le bien commun ?

« Depuis le retentissant échec économique, culturel, social et environnemental des économies planifiées, depuis la chute du mur de Berlin et la mutation économique de la Chine, l’économie de marché est devenue le modèle dominant, voire exclusif d’organisation de nos sociétés. Même dans le « monde libre », le pouvoir politique a perdu de son influence, au profit à la fois du marché et de nouveaux acteurs. Les privatisations, l’ouverture à la concurrence, la mondialisation, le recours plus systématique aux mises aux enchères dans la commande publique restreignent le champ de la décision publique. Et pour celle-ci, l’appareil judiciaire et les autorités indépendantes de régulation, organes non soumis à la primauté du politique, sont devenus des acteurs incontournables. Lire la suite

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Nouvelles de Chine

Le Quotidien du Peuple – septembre 2016

Quelques chiffres pour mieux comprendre l’économie chinoise

Selon Sheng Laiyun, porte-parole du Bureau national des statistiques, une croissance régulière, une réforme structurelle progressive, l’émergence de nouvelles économies, l’amélioration des fondamentaux et des difficultés qui perdurent sont celles qui peuvent le mieux décrire l’économie chinoise actuelle. Les industries traditionnelles accélèrent actuellement leur transformation et un nouvel élan de développement est en train de gagner de la force, a également souligné le porte-parole…Selon lui, l’économie chinoise conserve une croissance soutenue, avec un emploi et des matières premières stables. La croissance du PIB a été maintenue à 6,7% tant lors du premier que du deuxième trimestre. Lire la suite

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Le G20 de Hangzhou

Le Sommet du G20 de Hangzhou arrive au moment opportun
Jacques Martin pour le Quotidien du peuple

Dans l’évolution des relations de la Chine avec l’économie mondiale et sa gouvernance, le prochain sommet du G20 arrive à un moment opportun.
Ces deux dernières années cependant, la Chine est passée d’un statut d’acteur passif à un rôle de plus en plus proactif. Plutôt que d’être une simple suiveuse de la mondialisation, elle est de plus en plus une fabricante et une façonneuse de celle-ci. La Chine ne peut plus être accusée d’être un franc-tireur, ce qui, de toute façon, a toujours été une accusation injuste envers un pays en développement qui était un nouveau venu dans l’économie mondiale. Les deux exemples les plus évidents du nouveau rôle de la Chine sont la création de la Banque asiatique d’investissement dans les infrastructures, qui sera sans conteste la plus importante institution de financement des infrastructures en Asie, avec des adhésions qui s’étendent à travers l’Asie et l’Europe; et le projet « Une Ceinture et une Route », qui promet d’être le programme de développement multinational le plus ambitieux jamais vu. Lire la suite