Archives de l’auteur : vincent

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Civilisations, L’Occident et le reste du monde, par Niall Ferguson

Saint-Simon, 2014

Conclusion (extraits, pages 291 à 314)

« Les civilisations sont des systèmes extrêmement complexes composés de très nombreux éléments qui interagissent et s’organisent de manière asymétrique : leur enchevêtrement ressemble davantage à une termitière de Namibie qu’à une pyramide d’Egypte. Ces systèmes fonctionnent entre ordre et désordre, « au bord du chaos »…Ils peuvent sembler fonctionner de manière stable pendant un temps, en état d’équilibre apparent, alors qu’ils sont constamment en train de s’adapter. Puis vient un moment où ils atteignent un « état critique ». Une petite perturbation peut alors déclencher une « phase de transition » allant d’un équilibre paisible à la crise. Un seul grain de sable supplémentaire, et un château de sable en apparence solide peut s’écrouler. […] Lire la suite

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Il faut inverser les pôles…, par Mounir Milles*

Il y a quelques jours, je m’interrogeais encore sur l’opportunité d’aller au rassemblement dit des « musulmans de France » place de la République le dimanche 6 décembre. J’avais émis des réserves, considérant que la lutte contre le fanatisme religieux ne devait pas pour les musulmans de France se dissocier de la communauté nationale ; que s’il était nécessaire d’affirmer son refus d’un islam noir, nous devions tous nous unir pour démontrer à ces fous notre attachement à la République, à la France, et à quel point nous faisons partie de ce peuple. Je ne veux rien renier de cet engagement et de ces principes auxquels je crois. Lire la suite

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L’Europe et les migrations : à la hauteur des enjeux… par Jean-Dominique Giuliani

L’émotion publique suscitée par des images montrant l’extrême détresse des migrants traversant la Méditerranée a eu le mérite de rappeler aux Européens que l’asile est d’abord un droit, inscrit dans leurs textes fondamentaux, qui découle d’un devoir moral. L’élan de générosité qui s’ensuivit a partiellement compensé l’imprévoyance et l’impéritie de leurs gouvernants dont le regard se détournait jusqu’ici des drames vécus à nos frontières. 20 000 décès depuis 2000, 2 800 depuis le 1er janvier.
La crise était annoncée. Les institutions européennes – à qui les Etats ont longtemps refusé toute compétence en la matière – l’avaient anticipée. Sur le terrain, chacun s’efforçait d’improviser des réponses forcément partielles. A l’émotion légitime, qui prouve une générosité réelle, doivent maintenant succéder des réponses concrètes. Elles imposent des révisions stratégiques déchirantes qui concernent la politique étrangère, voire la défense et appellent des initiatives plus audacieuses. Lire la suite

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Du hasard à l’impuissance, une histoire sommaire de l’action stratégique (5)

Le temps des organisations

La mise en œuvre du mécanisme stratégique, préalable à toute avancée politique, sociale et, bientôt, économique, avait, entre autres exigences, nous l’avons vu, celle de l’économie des forces, c’est-à-dire celle de l’organisation des moyens. Lorsque ceux-ci sont rares et peu nombreux, leur « factoriel » simple conduit à quelques solutions – celles des doigts de la main – que l’esprit humain peut appréhender sans difficultés. Lorsque le factoriel augmente en raison de la complexité et de l’abondance des moyens, des « simplificateurs » sont nécessaires pour maintenir au plus bas le nombre de solutions. Lire la suite

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Stratégie et émotion : des élites dépassées, des médias tout-puissants, par Eric de La Maisonneuve

La crise, comme la guerre selon Clausewitz, est un caméléon. A peine calmée sur un sujet, elle passe à un autre, en plus grave, en plus dangereux, en moins maîtrisable. Depuis la crise des « subprimes » aux migrations d’aujourd’hui, elle s’engouffre dans toutes les anfractuosités d’un système mondial totalement obsolète et dépassé par les événements. Cette crise est « hors normes », les élites classiques sont incapables de la comprendre, encore moins d’en maîtriser les engrenages. En outre, si c’était encore nécessaire, elle se nourrit d’elle-même, amplifiée par les réactions désordonnées commandées par l’émotion et sous pression des opinions et des médias. Là où il faudrait sang-froid, coordination et rationalité, on n’a qu’égoïsme et réflexes apeurés. Lire la suite